La question est presque toujours posée à l’envers. XRechnung et ZUGFeRD ne sont pas deux concurrents entre lesquels on tranche comme entre deux logiciels : ce sont deux emballages des mêmes données. Les deux satisfont à l’obligation. Ce qui change, c’est l’enveloppe — et qui réclame quelle enveloppe.
La différence en un tableau
| XRechnung | ZUGFeRD / Factur-X | |
|---|---|---|
| Ce que vous recevez | un fichier XML | un fichier PDF avec du XML dedans |
| Page visible | aucune | oui, s’ouvre comme un PDF |
| Syntaxe | UBL ou CII | CII |
| Rapport à la norme | CIUS — un resserrement | CIUS ; dans le profil EXTENDED, aussi une extension |
| Qui le demande en général | les acheteurs publics | les entreprises entre elles |
| Maintenu par | KoSIT, État fédéral et Länder | FeRD (Allemagne), FNFE-MPE (France) |
Ce qu’est XRechnung
XRechnung est le standard allemand pour la facturation structurée avec l’administration : une spécification d’usage (CIUS) de l’EN 16931 qui resserre le modèle et rend obligatoires quelques champs que la norme laisse facultatifs. L’exemple le plus connu est le Leitweg-ID en BT-10, qui sert à adresser l’administration.
Côté versions : la version 3.0 s’applique depuis le 1er février 2024 et reste en vigueur, selon ses mainteneurs, au moins jusqu’au 31 juillet 2027. Une préversion de XRechnung 4.0 a été publiée en septembre 2026 ; la version finale est attendue au printemps 2027. Le rythme de publication est passé de deux versions par an à une version principale.
La version d’un fichier est inscrite dans le fichier lui-même, en BT-24. Pour XRechnung 3.0, l’identifiant est urn:cen.eu:en16931:2017#compliant#urn:xeinkauf.de:kosit:xrechnung_3.0. Jusqu’à la 2.3, on lisait urn:xoev-de:kosit:standard:xrechnung_2.3 : l’espace de noms a changé avec la 3.0, et c’est précisément là que trébuchent les outils plus anciens.
Ce qu’est ZUGFeRD
ZUGFeRD emballe les mêmes données autrement : un fichier PDF/A-3 qui affiche la page lisible et transporte le XML en pièce jointe. Qui clique voit une facture ; qui importe obtient des données. En France, le même format s’appelle Factur-X.
ZUGFeRD connaît des profils, du MINIMUM réduit à EXTENDED. Pour l’obligation, ZUGFeRD compte à partir de la version 2.0.1 sauf MINIMUM et BASIC WL : ces deux-là n’ont pas les mentions obligatoires et ne sont pas des factures électroniques.
Et il existe un pont entre les deux mondes : ZUGFeRD comporte un profil nommé XRECHNUNG. Un tel fichier est un PDF avec page visible dont le XML embarqué suit les règles de XRechnung et en porte l’identifiant en BT-24. Là où une administration exige XRechnung mais accepte des PDF, c’est la variante qui contente les deux côtés.
Quand prendre quoi
| Votre situation | Ce qui est raisonnable |
|---|---|
| Facture à une administration allemande | XRechnung ; l’adresse est le Leitweg-ID, la voie le portail de réception |
| Facture à une entreprise | ZUGFeRD — l’autre côté peut la lire même si son logiciel ne l’importe pas encore |
| Le client ne précise aucun format | ZUGFeRD dans le profil EN 16931 : la version qui ne bloque nulle part |
| Le client exige XRechnung mais veut voir quelque chose | ZUGFeRD dans le profil XRECHNUNG |
| Destinataire à l’étranger via Peppol | UBL — syntaxe obligatoire là-bas ; le point d’accès convertit le CII de ZUGFeRD |
L’ordre des questions est toujours le même : établir d’abord ce qu’accepte l’autre partie, choisir le format ensuite — jamais l’inverse. Un format que le destinataire ne traite pas n’est pas un meilleur format.
Ce que les deux ont en commun
- Les mêmes numéros de champs. BT-1 est le numéro de facture dans les deux, BT-112 le total TTC dans les deux — voir la structure du XML.
- Les mêmes règles de gestion. Les familles
BR-de la norme valent pour les deux ; XRechnung ajoute ses règlesBR-DE-— voir les règles de gestion. - Le même statut juridique. Les deux sont des factures électroniques au sens de l’obligation ; dans le format hybride, la partie structurée fait foi.
- La même conservation. On conserve la partie structurée, pas une impression — voir la conservation.
À quoi ressemble le même champ dans les deux syntaxes
« Les mêmes champs » ne veut pas dire « les mêmes noms d’éléments ». La norme distribue des numéros, la syntaxe distribue des noms — d’où l’impression qu’il s’agit de fichiers entièrement différents. Le numéro de facture, BT-1, se trouve :
| Syntaxe | Où se trouve BT-1 |
|---|---|
| CII — donc dans ZUGFeRD et Factur-X | rsm:ExchangedDocument/ram:ID |
| UBL — comme dans XRechnung et sur Peppol | ubl:Invoice/cbc:ID |
Pour la comptabilité, cela ne change rien : c’est BT-1 des deux côtés, avec la même règle. En pratique, cela signifie seulement qu’un logiciel qui lit une syntaxe ne lit pas pour autant l’autre — et qu’une conversion entre les deux est un renommage, pas une perte de données.
Quatre idées fausses tenaces
| Affirmation | Ce qu’il en est |
|---|---|
| « XRechnung est obligatoire pour tous. » | Ce qui est obligatoire, c’est la facture électronique, pas un format précis. XRechnung, c’est surtout l’administration qui la demande. |
| « ZUGFeRD, ce n’est qu’un PDF. » | Les données y sont en XML et c’est cette partie qui fait foi. La page est un plus, pas le cœur. |
| « Une XRechnung, on ne peut pas la lire. » | Il faut une visionneuse plutôt qu’un lecteur PDF — mais elle est lisible, et l’administration le fait. |
| « Il faut choisir une fois pour toutes. » | Rien n’empêche d’envoyer XRechnung aux administrations et ZUGFeRD aux entreprises. Les données derrière sont les mêmes. |
Ce qu’E-Rechnung Pro sait faire ici — et ce qu’il ne fait pas
Contrôler : les deux. Le validateur accepte PDF et XML et applique les règles de la norme ainsi que les règles allemandes. Pour une XRechnung reçue, c’est le chemin le plus court vers la question qui compte.
Produire : ZUGFeRD et Factur-X, dans les profils BASIC, EN 16931 et EXTENDED. Le service ne produit pas de XRechnung. Qui en a besoin la produit dans sa comptabilité — et la contrôle ici avant le dépôt sur le portail.
Un détail de terrain : les outils de contrôle passent souvent les règles XRechnung sur tous les fichiers. Une facture ZUGFeRD parfaitement correcte signale alors la règle BR-DE-21 comme violée : elle exige l’identifiant XRechnung en BT-24, qui par nature ne s’y trouve pas. Ce n’est pas un défaut de votre fichier ; notre rapport retire donc ce message.
Questions fréquentes
XRechnung vaut-il mieux que ZUGFeRD ?
Aucun des deux. Ce sont deux enveloppes pour les mêmes données ; celle qui convient, c’est le destinataire qui la décide.
Puis-je envoyer un fichier ZUGFeRD à une administration ?
Seulement si sa voie de réception l’admet. Ce qu’elle demande est en général XRechnung — et le profil ZUGFeRD XRECHNUNG est fait pour ce cas.
Comment savoir ce que j’ai reçu ?
À l’extension et au BT-24 : un fichier .xml avec l’identifiant KoSIT est une XRechnung, un PDF avec XML embarqué une facture ZUGFeRD. Le rapport de contrôle nomme les deux.
Faut-il préparer XRechnung 4.0 dès maintenant ?
Non. La 3.0 s’applique au moins jusqu’au 31 juillet 2027 ; en septembre 2026, la 4.0 n’existait qu’en préversion. Elle deviendra pertinente quand votre logiciel la prendra en charge et que le destinataire la demandera.
Quelle syntaxe pour une XRechnung — UBL ou CII ?
Les deux sont admises. Celle que vous recevez dépend de l’émetteur ; les numéros de champs sont identiques.
Et XRechnung hors d’Allemagne ?
Elle n’y joue aucun rôle : c’est un standard allemand. Au-delà des frontières comptent l’EN 16931 et, en cas de remise par Peppol, la spécification propre à ce réseau, en UBL.
Une facture ZUGFeRD en profil MINIMUM compte-t-elle ?
Non. MINIMUM et BASIC WL sont exclus : les mentions obligatoires y manquent. Prenez EN 16931.
En bref
- Deux enveloppes, un contenu : XRechnung est du XML pur, ZUGFeRD un PDF avec XML dedans.
- Administration plutôt XRechnung, entreprises plutôt ZUGFeRD — et le profil XRECHNUNG relie les deux.
- XRechnung 3.0 s’applique depuis le 1er février 2024, au moins jusqu’au 31 juillet 2027 ; la 4.0 est annoncée, pas en vigueur.
- BT-24 trahit la version — avec la 3.0, l’espace de noms y a changé.
- Il n’y a pas à choisir : c’est le destinataire qui dit ce qui va où.
Un doute sur ce qui vient d’arriver dans la boîte ? Déposez le fichier — le rapport nomme le format, le profil et chaque règle enfreinte.
